La durée légale de travail effectif des salariés à temps complet est fixée à 35 heures par semaine civile. Toute heure accomplie au-delà de cette durée est une heure supplémentaire, qui donne lieu à une majoration de salaire ou, le cas échéant, à un repos compensateur de remplacement.
La durée quotidienne de travail effectif d'un salarié ne peut excéder 10 heures. Des dérogations peuvent être accordées par convention ou accord collectif ou par l'inspecteur du travail. Dans la sécurité privée, une dérogation conventionnelle permet des vacations allant jusqu'à 12 heures dans certains cas (sites industriels, événementiel).
La durée maximale absolue est de 48h par semaine. Sur 12 semaines consécutives, la moyenne ne peut dépasser 44h. Une dérogation temporaire jusqu'à 60h est possible sur autorisation de l'inspection du travail en cas de circonstances exceptionnelles. L'employeur qui dépasse ces limites s'expose à des sanctions pénales (amende, voire emprisonnement).
Tout salarié bénéficie d'un repos quotidien d'une durée minimale de 11 heures consécutives entre deux postes. Ce repos ne peut être réduit qu'en cas d'activités caractérisées par la nécessité d'assurer la continuité du service ou par des périodes d'intervention fractionnées. En cas de non-respect, le salarié peut saisir les prud'hommes pour préjudice.
Il est interdit de faire travailler un même salarié plus de 6 jours par semaine. Le repos hebdomadaire est d'une durée minimale de 35 heures consécutives (24h + 11h repos quotidien). Dans les entreprises de sécurité (service continu), des dérogations au repos dominical sont autorisées, mais le repos de 35h consécutives reste impératif au cours de chaque semaine.
Est considéré comme travailleur de nuit le salarié qui accomplit, au moins 2 fois par semaine, au moins 3 heures de son temps de travail quotidien entre 21h et 6h, ou au moins 270 heures de travail de nuit sur 12 mois consécutifs. Le travail de nuit est encadré : surveillance médicale renforcée obligatoire, durée de travail nocturne limitée à 8h par nuit (avec dérogation possible à 12h dans la sécurité).
Dès que le temps de travail quotidien atteint 6 heures, le salarié bénéficie d'un temps de pause d'au moins 20 minutes consécutives. Une convention ou accord collectif peut fixer un temps de pause supérieur. La pause n'est pas assimilée à du temps de travail effectif, sauf si le salarié reste à la disposition de l'employeur et doit se conformer à ses directives (cas fréquent dans la sécurité).
Tout salarié a droit à 2,5 jours ouvrables de congés par mois de travail effectif chez le même employeur, soit 30 jours ouvrables par année de référence (1er juin - 31 mai). Le droit est ouvert dès le premier jour de travail. En cas de licenciement (sauf faute grave), l'indemnité compensatrice de congés payés est due pour les jours acquis non pris.
L'employeur est tenu de remettre un bulletin de paie au salarié lors de chaque versement de salaire. Le bulletin doit mentionner obligatoirement : l'identité employeur/salarié, le coefficient de classification, le salaire de base, les heures travaillées (normales, supplémentaires), les primes, les cotisations et contributions sociales, le salaire net. Conservation : l'employeur 5 ans, le salarié sans limite.
Tout licenciement pour motif personnel doit reposer sur une cause réelle et sérieuse. Procédure obligatoire : convocation à entretien préalable (lettre R/AR ou remise en mains propres, délai 5 jours ouvrables minimum), entretien préalable (possibilité d'être assisté par un salarié ou un conseiller du salarié), notification du licenciement par lettre motivée au plus tôt 2 jours ouvrables après l'entretien.
En cas de faute grave (manquement rendant impossible le maintien), l'employeur peut rompre le contrat sans préavis ni indemnité de licenciement. En cas de faute lourde (intention de nuire), même régime + perte de l'indemnité de congés payés (sauf arrêt récent). La mise à pied conservatoire peut accompagner l'engagement d'une procédure disciplinaire. Délai de prescription des faits : 2 mois.
Aucun salarié ne doit subir des agissements répétés de harcèlement moral ayant pour objet ou effet une dégradation de ses conditions de travail. Sont interdits : toute sanction, licenciement ou mesure discriminatoire contre une personne ayant subi ou relaté des faits de harcèlement. L'employeur est tenu de prévenir les faits de harcèlement. Voies de recours : inspection du travail, Défenseur des droits, Conseil des prud'hommes.